L’agriculture urbaine, le germe d’une révolution

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La conférence pédagogique sur l’autonomie alimentaire des villes s’est déroulée dans le Gard, à Alès, sur invitation du groupe local des Colibris le 20 octobre 2016. Salle comble pour cet échange où il a été question d’agriculture urbaine, de permaculture et d’autosuffisance alimentaire des territoire à portée de main. Le journal Midi libre a couvert l’événement avec un article conséquent ayant pour titre : « L’agriculture urbaine, le germe d’une révolution. »

Société –À Rochebelle, ce jeudi, un débat sur la permaculture et les jardins partagés. Une vraie réponse à la crise de nos sociétés.

Permaculture et Incroyables comestibles. Ces deux termes qui désignent, pour le premier, un système global d’agriculture permanente et, pour le second, des potagers en libre service en ville, sont plus qu’une tocade pour François Rouillay, formateur en agriculture urbaine. Des pratiques que développera l’Aigues-Mortais, invité par le groupe local Les Colibris, au cours d’une soirée, ce jeudi, à Rochebelle, sur le thème de l’autonomie alimentaire en ville. Une autonomie particulièrement ridicule, estimée à trois ou quatre jours dans nos villes par la faute d’un système d’acheminement à flux tendu, dont la rupture peut avoir de fâcheuses conséquences.

Une situation face à laquelle certaines villes de France ont réagi avec la mise en place d’espaces de plantations de fruits ou légumes à partager : les Incroyables Comestibles, traduction du phénomène anglais de “Incredible Edible”, apparu en 2008, à Todmorden, près de Manchester, dans le nord de l’Angleterre. «C’est une démarche participative, citoyenne, gratuite et ouverte à tous dans le domaine de l’agriculture urbaine», explique le conférencier. De simples bacs ou espaces verts, transformés en potager en libre-service, qui deviennent aussi un support pédagogique en réunissant les habitants autour d’un projet.

Des permis de végétaliser délivré à Paris, Grenoble, Marseille…

Une démarche qui s’amplifie ensuite avec l’appui politique, comme dans les villes de Rennes ou Bayonne, en donnant naissance à de véritables jardins nourriciers, avec un objectif d’autonomie alimentaire fixé en 2020 pour la commune d’Albi. Des projets qui font reculer également la bétonnisation excessive de nos cités – localement, on pense à la récente place des Martyrs sans aucun espace vert! – par la délivrance de permis de végétaliser qui autorisent tout citoyen à planter en ville.

Bordeaux, Grenoble, Le Havre, Marseille et Paris ont déjà mis en place des formulaires sur internet, dont chaque demande est ensuite validée par les services techniques municipaux. Une démarche agricole qui peut prendre, ensuite, une dimension d’envergure et nourrir les habitants d’une ville, en initiant les maraîchers locaux à la pratique de la permaculture. Un concept qui repose sur des pratiques agricoles qui positionnent chaque culture de manière à ce qu’elles puissent interagir intelligemment avec d’autres, sans intrants chimiques et avec des semences reproductibles, quand « 90 % des graines commercialisées sont de type F1, donc non reproductibles », alerte François Rouillay. Rien de nouveau en somme, c’est ce que fait, seule, la nature, depuis la nuit des temps, mais une logique totalement oubliée depuis la mise en place d’une agriculture productiviste et mécanisée, avec l’usage d’une chimie qui a épuisé les sols. Un mode de culture dont la viabilité et l’efficacité sont attestées par une récente étude scientifique du CNRS sur la ferme de Bec-Hellouin, en Normandie. «On ne dégrade plus les sols, mais on les agrade avec des déchets végétaux afin de créer un cycle d’humus, comme en forêt, mais en accéléré, précise François Rouillay. La productivité est six fois supérieure, mais les croyances et les habitudes chez les paysans, formés depuis 50 ans à un mode de pensée, forment un obstacle. Le changement provoque des pertes de repères et il faut donc de la pédagogie et de l’accompagnement. »

Une agriculture faite de cycles vertueux, avec un engagement citoyen, qui peut apporter un horizon nouveau quand «les politiques, face à cette crise systémique, n’apportent que taxes et désengagements. La réponse ne viendra pas d’en haut !» conclut François Rouillay.

STÉPHANE BARBIER
sbarbier@midilibre.com

L’autonomie alimentaire en ville, conférence de François Rouillay et Sabine Becker, jeudi 20 octobre, au 5 rue du Faubourg, à Rochebelle, à 20 heures, par le groupe local des Colibris 30 Alès. Entrée libre. Contact au 06 63 03 88 86.

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